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L'ART DES COULEURS - LES ROUGES ARTIFICIELS - MINIUM

 

 

Table des matières :

Cliquer sur les titres soulignés pour accéder à la rubrique.

 

- Le minium.

- Fabrication du minium.

- Avertissement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 


La grande variété des signes utilisés au début de la chimie témoigne d’une recherche complexe sans cesse grandissante.

Cette activité va contribuer à augmenter la palette du peintre par l’apport de pigments issus des oxydations provoquées de métaux.

C’est à partir de la céruse de plomb que l’on va préparer “par conction” l'un des rouges le plus utilisé dans la peinture d’alors.

 


Table des matières

 

 



Le minium



C’est un tétroxide de plomb répondant à la formule Pb3O4.

Il est probablement l’un des plus vieux pigments artificiels.

C’est aussi une couleur qui peut être naturelle bien que rare sous cette forme.

Elle est alors le résultat de l’altération de la galène ou de la cérusite.



Pierre de galène

.

Vitruve et Pline ( Vit. 7 ; 12,2 et Pli.35 ;38) nous rapportent l’anecdote de sa fabrication chez les romains :

suite à l’incendie d’une villa dans le Pirée, on aurait découvert dans les décombres un vase à fard à base de blanc de plomb transformé en poudre rouge.



nuancier des pigments de minium



Les égyptiens ne devaient pas le connaître avant la période gréco-romaine et c’est Vitruve qui le premier dans notre monde occidental en décrira la fabrication.


C’est un pigment qui fut souvent confondu dans les textes anciens avec le cinabre.

(Par exemple Pline donne le nom de “minium” pour le cinabre et “minium secondarium” pour le minium de plomb.)

Au Moyen-Âge le terme de minium semble s’imposer.


Ainsi Théophile parlera de "cerosa et minio" (Chap. XLIV) pour une recette permettant, à partir de la céruse, de fabriquer un minium :

«  … Quand vous en aurez assez (de céruse) et que vous voudrez faire du vermillon, broyez la céruse sur une pierre sans eau, mettant dans deux ou trois vases neufs, placez sur des charbons ardents, ayez un fer mince recourbé, adapté par un bout  à un bois et large au sommet, avec lequel vous pourrez remuer de temps en temps cette céruse . Vous ferez cela jusqu’à ce que le vermillon devienne entièrement rouge. »

 


Minium et mine orange



Les autres manuscrits médiévaux et post-médiévaux font largement référence à la fabrication du minium, soit par à partir du massicot, soit à partir de la céruse.

Pourtant, le pigment perdra au fil du temps sa renommée et Wattin dans son manuel “ L’art du peintre, doreur, vernisseur” est un des derniers auteurs à en vanter les qualités :

«  Le minium est excellent pour la détrempe… et s’emploie à l’huile étant bien broyé. »



Nuancier du minium

 

 

 

Table des matières



Vers 300°C la céruse prend de l’oxygène pour se transformer en minium.
La température ne doit pas dépasser ≥550°C car alors c’est la réaction inverse qui se produirait.

Le pigment est chauffé plusieurs heures en remuant très souvent afin de renouveler la surface de contact avec l’oxygène de l’air.



La céruse est mise à chauffer sur un feu vif très rapidement elle se décompose en

gaz carbonique et eau qui s'évaporent et oxyde de plomb jaune (massicot) qui apparait alors .

On peut arrêter là le travail si l'intention initiale était d'obtenir un massicot.

(voir page jaunes artificiels. Cliquer ICI )


Le chauffage vif durera pendant presque 2 journées… et une nuit ! de temps en temps,

la poudre sera remuée afin de renouveler la surface de contact avec l'air



Le lendemain, en fin d'après midi nous laisserons mourir lentement le feu. La couleur

d'abord violette se transformera en refroidissant doucement en un orange vif. Le minium

ou plutôt, la mine orange est terminé.

 




Pigment terminé

 

 



Table des matières

 



Comme tous les composés plombifères, il noircit en présence de sulfure et d’hydrogène sulfuré. Donc éviter le mélange avec un pigment contenant du soufre : cinabre , orpiment


Ainsi en 1827 Bouvier in (Manuel des jeunes artistes et amateurs de peinture) en fait un portrait peu flatteur :

« …or cette couleur ne vaut rien pour les tableaux ; elle noircit beaucoup quant on l’emploie à l’huile, et fait également noircir les cinabres qui sont des composés de soufre et de mercure. »


Mérimée lui nous laisse une description fort intéressante de sa fabrication (p.123) :

« … Un degré de plus d’oxydation transforme le massicot en minium. On prépare cette couleur en calcinant le massicot… parvenu au rouge obscur, il devient pourpre ; mais cette couleur due à la chaleur, disparait en refroidissant… . Le massicot en refroidissant très lentement, absorbe l’oxygène de l’air et prend une couleur orangée d’autant plus belle que le refroidissement est lent. »

Et fait cette remarque judicieuse :

«  Si au lieu de massicot on fait calciner de la céruse, on obtient de la mine orange : c’est toujours un minium, d’une teinte plus claire et plus brillante. »

 




 

 


La fabrication du minium (et du massicot) est très dangereuse


À ne pas recommander sans expériences.


Faire preuve de multiples précautions de sécurité.


NE PAS REJETER LES EAUX OU AUTRES LIQUIDES DANS LA NATURE. STOCKER DANS DES CONTAINERS SPÉCIAUX ET LES REMETTRE À UN CENTRE SPÉCIALISÉ DANS LE RETRAITEMENT DES PRODUITS DANGEREUX.

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