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L'ART DES COULEURS - LES ROSETTES (bois-brésil)

 

 


Si l’appellation bois de brésil et devenu un terme générique, c’est en fait plusieurs types d’arbres et deux sources d’approvisionnement que désigne ce terme.

L’un extrême oriental, l’autre américain.

Les bois de ou du Brésil sont des espèces à bois rouge de la famille des Cæsalpinia (Leguminosæ de la sous famille des Cæsalpinioidæ). Le plus connu est certainement le bois de sappan  (Cæsalpinia sappan) qui est le seul bois de brésil. Venu des Indes c’est celui-ci que les médiévaux utilisaient. C’est un bois à teinture dite soluble en opposition aux bois à teinture insoluble (la famille des Pterocarpus, le santal par exemple). Voir pour cela le tableau 1.

Plus tard après la découverte des Amériques, d’autres variétés furent importées. Mais,

Le principe tinctorial restera le même.

Avant la Renaissance, le rose n'aurait peut-être pas existé, s'il ne s'était incarné dans le  bois de brésil. Couleur tendre, dépourvue de vertu symbolique, il est pourtant bien présent dans nombre de manuscrits. L'explication provient du fait que le bois-brésil fournissait un pigment rose stable, durable et de très bonne qualité, rouge ou rose foncé lorsqu'il est concentré, il fut assimilé à la couleur rouge, même si, après préparation, il peut se décliner sous plusieurs nuances de roses francs. Au Moyen-Âge, on ne  cherche pas à faire exister la couleur rose (aucun texte ne mentionne le mélange blanc/rouge). Les teintes tirées du bois-brésil, rouges et roses confondus, se nomment Rosette, terme qui ne désigne pas une couleur mais bien la matière première mise en œuvre pour l'obtenir.

Les moyens d’extraction de la couleur vont varier en fonction de la teinte désirée.

Le manuscrit de Padoue fait cette remarque pertinente : « Le Bois-Brésil donne quatre couleurs : il est rose au naturel, devient pourpre avec la chaux, violet avec l'urine et couleur de mûre avec le tarte. »

En effet, l'oxydation de la Braziline est favorisée par les alcalis et l'ammoniac. C'est pour cette raison que les anciens ajoutaient toujours de l’urine ou de la soude dans leur préparation. L'addition d’alcalis forts permet d'obtenir des tons rouges cramoisis alors qu'avec des acides on obtient des roses vifs. De la nature des bains de préparation dépend la couleur finale. On n’hésite donc pas à les varier : urine, décoction de sarments de vigne ou de chêne, vin rouge et même ... urine d'ivrogne, sans doute plus riche en tanins ! Pour fixer et donner de la consistance à la couleur (*) on ajoute un mélange d'alun et de calcaire tel que :  chaux d’œuf (coquilles d'œuf dissoutes dans du vinaigre), poudre de marbre, plâtre fin, os de seiche ...

Aujourd’hui, c’est en général le bois de Fernambouc ou Pernambouc (Cæsalpinia crista L.) qui est commercialisé. Comme jadis, on l’importe en Europe du Brésil et de la Jamaïque. C’est le meilleur des bois rouges américain.

 

* Seuls les calcaires vont remplir cet office, l'alun sert à fixer la couleur mais n'augmente aucunement la charge.

Cæsalpinia sappan blanco
Cæsalpinia sappan bl...
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laque de brésil et brésil brut
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Filtrage dune teinture de brésil
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Laque de brésil
Laque de brésil
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Nuancier rosettes (laques de brésil)
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Nuancier teintures de brésil
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